De quoi s'agit-il?


Le bégaiement est une perturbation de la fluidité de la parole, caractérisée par des répétitions de sons, de syllabes ou de mots (p.ex. « le mou-mou-mouton »), des prolongations de sons (p.ex. « le mmmouton ») ou des blocages (p.ex. « le ---mouton »). Les moments de bégaiement peuvent être accompagnés de mouvements involontaires (p.ex. tâtonnements buccaux, clignements des yeux, mouvements de la tête, etc.)


Comment pouvons-nous vous aider?

    • En déterminant s’il y a présence ou non de bégaiement par l'entremise d'une évaluation la fluidité de la parole, c’est-à-dire, en examinant les types de disfluidités, leur fréquence et leur durée et en déterminant s’il y a présence de comportements secondaires.
    • En offrant des recommandations à l’individu ou à ses parents en ce qui concerne l’intervention (p.ex. à quel temps l’intervention précoce serait-elle indiquée compte tenu des possibilités de récupération spontanée chez l’enfant d’âge préscolaire ; quel type d’intervention serait favorable étant donné l’âge de l’individu, etc.)
    • En offrant de l'intervention. Chez l’enfant d’âge préscolaire : en suivant le programme Lidcombe, c’est-à-dire, en formant le parent à offrir des contingences verbales portant sur la parole de son enfant. Chez l’enfant d’âge scolaire, l’adolescent ou l’adulte : en lui enseignant des stratégies de modification du bégaiement ou de façonnement de la fluidité et en l’accompagnant dans le transfert de sa fluidité aux situations hors cliniques.
    • En créant une atmosphère chaleureuse, motivante et encourageante afin de maximiser la participation et l’engagement de l’individu.


Faits intéressants!


  1.  Le « bégaiement précoce » (soit un bégaiement qui est apparu depuis moins de quelques années chez un enfant d’âge préscolaire) est plus réversible comparativement au bégaiement chronique adulte (Rousseau & Onslow, 2002). Notamment, l’efficacité de l’approche Lidcombe chez les enfants d’âge préscolaire a été démontrée par la recherche à maintes reprises (Jones et coll., 2008 ; Onslow et coll., 1994 ; Miller & Guitar, 2009).

  2. Il existe parfois un phénomène de  « récupération spontanée » .  Bon nombre d’enfants d’âge préscolaire récupèrent spontanément dans les six premiers mois allant jusqu’à quelques années suivant l’apparition du bégaiement, c’est-à-dire que leur bégaiement disparaît sans intervention. Les estimés de récupération spontanée varient dans la littérature, mais certaines études longitudinales indiquent qu’environ 75-80% des enfants d’âge préscolaire récupèrent spontanément (Onslow, Packman & Harrison, 2003).  Malheureusement, il n’est pas possible de savoir d’avance quels enfants feront une récupération spontanée et quels enfants auront un bégaiement qui persistera sans intervention. Nous savons toutefois que les chances de récupération spontanée sont meilleures chez les filles que chez les garçons. De plus, les chances de récupération spontanée sont meilleures chez l’enfant qui a commencé à bégayer récemment. C’est-à-dire,  plus l’enfant bégaye depuis longtemps, moins il est probable qu’il fera une récupération spontanée. Il ne semble pas y avoir de correspondance entre le degré de sévérité du bégaiement et le taux de récupération spontanée (Rousseau & Onslow, 2002 ; Onslow, Packman & Harrison, 2003).


Références

FORTIER-BLANC, J. (2002). La rééducation du bégaiement chez l’enfant d’âge scolaire. Rééducation orthophonique, N °211, Paris, pp. 47-62.

http://neurology.health-cares.net/stuttering.php

JONES, M., ONSLOW, M., PACKMAN, A., O’BRIAN, S., HEARNE, A., WILLIAMS, S., ORMOND, T. & SCHWARZ, I. (2008) Extended follow-up of a randomised controlled trial of the Lidcombe Program of Early Stuttering Intervention. International Journal of Language and Communication Disorders, 43, pp. 649-661.

MANNING, W.H. (2001) Clinical Decision Making in Fluency Disorders, Second Edition. Singular, San Diego.

MILLER, B., GUITAR, B. (2009). Long-Term Outcome of the Lidcombe Program for Early Stuttering Intervention, American Journal of Speech-Language Pathology, Vol. 18, pp. 42-49.

ONSLOW, M., ANDREWS, C. & LINCOLN, M. (1994). A Control/Experimental Trial of an Operant Treatment for Early Stuttering, Journal of Speech and Hearing Research, 37, pp. 1244-1259.

ONSLOW, M., PACKMAN, A., HARRISON, E. (2003). The Lidcombe Program of Early Stuttering Intervention : A Clinician’s Guide., Pro-Ed, Austin.

ROUSSEAU, I., ONSLOW, M. (2002). L’approche Lidcombe : programme d’intervention pour les enfants d’âge préscolaire. Rééducation orthophonique, N °211, Paris, pp. 63-74.

www.asha.org

www.lebegaiement.com

www.nidcd.nih.gov/health/voice/stutter.htm

www.pqchc.com/firstwords/tip_facts.htm

www.stutter.ca/research.html

www.stuttering.com